2018
Immobilier durable et crédits hypothécaires durables pour les particuliers

Quel défi a été la source d’inspiration de votre projet ?

Les menaces graves qui pèsent sur la planète et l’humanité

Le mythe de la croissance indéfinie

Le modèle industriel et productiviste sur lequel repose le monde moderne revendique une idéologie du « toujours plus » et la quête d’un profit illimité sur une planète dont les ressources sont limitées. L’accès aux ressources se fait par le pillage, la compétition et la guerre économique entre individus. Dépendant de l’énergie fossile et de la combustion du pétrole, dont les réserves s’épuisent, ce modèle n’est pas durable.

Le désastre de l’agriculture chimique

L’industrialisation de l’agriculture, qui repose sur l’utilisation massive d’engrais chimiques, de pesticides, de semences hybrides, et sur une mécanisation excessive, a sérieusement affecté notre Terre nourricière et la culture paysanne traditionnelle. Incapable de produire sans détruire, l’humanité est menacée de famines sans précédent.

La déconnexion entre l’homme et la nature

Principalement urbaine, la modernité a construit une civilisation « sans sol », déconnectée de la réalité et des rythmes naturels, qui a pour seul effet d’appauvrir la condition humaine et d’aggraver les dommages infligés à la planète.

De quelle manière innovante vous êtes-vous attaqué à ce problème ?

Nous avons choisi de créer une école, la Ferme des Enfants, ainsi qu’un centre de formation et un centre d’agroécologie, installés au cœur d’un écovillage comprenant une vingtaine de logements pour une cinquantaine d’habitants.

Le Hameau des Buis, à l’origine de la création de la Ferme des Enfants, et les différents responsables de projet présents sur le site tentent d’apporter des réponses concrètes au travers de leurs réalisations : architecture bioclimatique, réduction de l’empreinte écologique globale, redéploiement de l’économie.

Les résidents ont créé autant d’activités artisanales (certifiées bio) que l’infrastructure existante ne le permet : boulangerie, élevage, fromagerie, maraîchage, épicerie, etc.

Via le centre de formation, les chefs de projet et l’ensemble des acteurs professionnels actifs sur le site peuvent également transmettre aux stagiaires l’expérience riche et variée acquise durant la vingtaine d’années de développement du projet.

Quel a été l’impact de la Banque Triodos sur votre entreprise ?

Notre projet a réussi à mobiliser l’épargne et la solidarité des citoyens durant dix ans, ce qui nous a permis de prouver notre crédibilité en finalisant le projet, ainsi que notre bonne santé financière au fil du temps.

La Banque Triodos a contribué à la stabilisation du projet dans la durée. Le partenariat mis en place pour les vingt prochaines années nous permet de consolider les bases du modèle financier sur lequel le projet est basé.

Quel impact votre entreprise a-t-elle eu sur votre secteur d’activité ?

Le Hameau des Buis et la Ferme des Enfants sont situés sur le territoire de la Communauté de communes du Pays de Jalès, au sud de l’Ardèche et à quelques kilomètres seulement de la Grotte Chauvet (réputée pour ses peintures rupestres). De ce côté de la rivière Chassezac, le premier magasin se situe à plus de dix kilomètres, raison pour laquelle de nombreux habitants du cru se procurent chez nous du pain, des légumes de saison, du savon artisanal, du fromage et d’autres produits encore, qui sont en vente directe sur place.

De son côté, l’école accueille plusieurs dizaines d’enfants et de familles. Il s’agit pratiquement d’une économie marchande et non marchande quotidienne, qui repose sur le commerce et le partage (covoiturage, services aux particuliers, etc.).

Enfin, pour compléter la richesse et la diversité des secteurs professionnels auxquels le projet contribue dans son ensemble, il faut également mentionner les stagiaires du centre de formation (plus d’une centaine par an), ainsi que le Service Civique, le Service Volontaire Européen (SVE) et les « woofers » (voyageurs qui proposent des services aux fermiers en échange du gîte et du couvert).

Quel a été l’impact de votre entreprise sur la collectivité ?

Le projet a d’abord été testé par la communauté locale, ce qui est tout à fait naturel. Il est presque logique que toute l’activité déployée ait provoqué des haussements de sourcils dans une communauté peu disposée à changer ses habitudes. C’est la raison pour laquelle notre approche innovante n’a fait que progressivement partie du paysage local.

La reconnaissance aujourd’hui obtenue par l’école et l’écovillage est fantastique. La revitalisation locale résultant de l’impact du projet global est un précieux indicateur pour comprendre l’intérêt de telles réalisations humaines.

En ce qui concerne la communauté prise dans un sens plus large, certains travaux écrits ou audiovisuels peuvent être consultés afin d’en savoir plus sur les idées et les expérimentations menées sur le terrain.

Toutes nos réalisations étant documentées au moyen de ressources juridiques gratuites disponibles sur notre plateforme internet, le projet relève de l’intérêt général.

Comment la Banque Triodos partage-t-elle la vision qui sous-tend votre projet ?

Nous avons très rapidement compris que nous partagions la même préoccupation que la Banque Triodos, à savoir créer les conditions d’un avenir durable pour l’humanité et la planète. La cohérence financière de nos activités doit servir l’intérêt général, et non des intérêts spécifiques restreints. C’est pourquoi nous nous réjouissons de voir que cette vision de l’économie au service de la vie continue de s’approfondir au travers de ce partenariat avec la banque.