Impact, risque et rendement – une entreprise intégrée

Ces domaines de focalisation stratégique nous aideront à bâtir sur les réalisations du passé et à développer un impact positif et durable à l’avenir. Nous aurons de plus en plus souvent recours aux facteurs impact, risque et rendement pour comprendre et évaluer cette évolution et cette performance de manière globale.

Les banques se sont traditionnellement intéressées au risque et au rendement, essentiellement pour éviter des résultats négatifs et pour permettre aux investisseurs de comprendre la performance d’une institution spécifique. On a tendance à considérer le risque et le rendement dans une perspective à court terme, en particulier quand une institution estime que son principal objectif consiste à maximiser le rendement pour les investisseurs. Il s’agit d’une perspective qui évalue une société uniquement à travers l’étroit prisme de la performance financière et qui néglige la relation plus large qu’a une entreprise avec la société et l’environnement - et son impact sur ceux-ci.

La Banque Triodos utilise l’impact, le risque et le rendement pour comprendre son évolution globale et sa place dans le monde qui l’entoure. Cela signifie nécessairement une perspective positive, sur le long terme. En effet, si votre objectif est d’avoir un impact social, environnemental et culturel durable, tout en vous focalisant sur le risque et le rendement – comme le fait la Banque Triodos –, votre horizon s’inscrit inévitablement sur le plus long terme et présente une perspective positive et globale.

Impact

La Banque Triodos veut générer un impact durable. Quand nous parlons d’impact, nous sommes soucieux de ce que nos actions, en particulier le financement et la facilitation d’investissements, représentent concrètement pour les personnes. Il y a impact quand on génère un résultat positif, non seulement au niveau transactionnel, mais aussi au niveau social ou écologique.

De plus en plus de banques et entreprises parlent de durabilité et de leurs efforts en faveur d’un impact durable. Cette approche peut avoir une portée plus limitée en se focalisant, par exemple, sur la réduction des émissions de CO2 ou le désengagement du financement d’industries qui utilisent des combustibles fossiles. Autant de buts louables. En effet, la Banque Triodos a rejoint d’autres institutions financières néerlandaises qui ont signé un ‘Engagement carbone’ lors de la conférence COP21 à Paris, en s’engageant à expérimenter le principe de l’empreinte carbone annuelle, à la publier et à définir des objectifs en matière d’investissements. Néanmoins, l’impact va bien au-delà. Nous voulons utiliser le financement comme catalyseur de la concrétisation de nouvelles idées durables dans l’économie réelle.

Tout en générant un impact, nous tenons également à mieux comprendre et à communiquer notre impact. En 2015, nous avons donné davantage d’informations utiles sur l’impact qualitatif des financements de la Banque Triodos, vérifié les données d’impact que nous fournissons et mis au point un manuel destiné à fournir aux collaborateurs tout ce qu’ils doivent savoir sur notre impact et la manière de mettre en œuvre nos rapports. À notre avis, il est utile de fournir des données d’impact qui ont pour rôle d’étayer, plutôt que de devancer, la preuve qualitative de l’impact. En 2015, nous avons pris des mesures afin de partager notre approche de l’impact auprès de publics extérieurs, et tiré des enseignements du travail réalisé par d’autres. Nous avons l’intention de développer cela au cours des trois prochaines années et passer d’une focalisation uniquement sur le reporting d’impact vers la manière dont nous gérons l’impact avec davantage d’efficacité au sein de l’entreprise même. Un exemple valant mieux qu’un long discours, la Banque Triodos s’efforce de procéder de la sorte dans le chapitre consacré à l’impact.

Nous avons également joué un rôle actif dans la mise au point du tableau de bord de la Global Alliance for Banking on Values afin que les parties prenantes aient une meilleure compréhension de la durabilité de différentes banques. Nous avons à nouveau publié le tableau de bord complet dans notre rapport annuel. D’autres banques membres de la GABV ont également accepté de publier leurs tableaux de bord sur un site web spécial en 2016.

Risque

Puisque notre point de départ est d’avoir un plus grand impact sur le long terme, il est primordial de faire preuve de résilience financière et par conséquent, nous avons veillé en permanence à la grande qualité de notre portefeuille de crédits. L’appétit pour le risque modéré de la Banque Triodos est un élément important menant à cette résilience.

Nous disposons d’un historique de crédits de grande qualité. Autrement dit, assez peu d’emprunteurs ont été incapables de rembourser les prêts que nous leur avons consentis.

Le secteur bancaire, du moins dans ses fonctions clés, tend vers la réduction des risques. Un certain niveau de risque est toutefois nécessaire pour induire le changement et l’évolution. Nos parties prenantes nous ont demandé de revoir notre approche en termes de risque afin de générer davantage d’impact, et nous le ferons. Toutefois, il importe de comprendre qu’un impact plus marqué ne signifie pas nécessairement plus de risque et moins de rendement. En effet, vu la perspective à long terme inhérente de l’impact, un impact accru implique, à nos yeux, une réduction des risques et de meilleurs rendements à terme.

Rendement

La Banque Triodos a été en mesure de générer des rendements équitables stables sur une période prolongée. En 2015, la Banque Triodos a toutefois dû faire face à une forte concurrence des banques traditionnelles montrant un intérêt croissant pour la durabilité comme opportunité commerciale. Nous avons ainsi rencontré une concurrence croissante au niveau d’entreprises durables solides à la recherche de financements. En outre, les entrepreneurs demeurent incertains quant à l’avenir, en matière de marchés et de politiques gouvernementales touchant leurs secteurs, et ils rechignent à investir ou emprunter de l’argent. Tandis que les taux d’intérêt demeurent extrêmement bas, les modèles de gestion des banques, y compris ceux de la Banque Triodos, peuvent en subir les effets délétères. Cela se vérifie tout particulièrement quand les excédents de liquidités doivent être investis à des taux d’intérêt négatifs. Malgré cela, nous avons réussi à poursuivre le développement de notre portefeuille de crédits durables, en hausse de 13% en 2015. Le portefeuille de crédits total, y compris les crédits à court terme aux pouvoirs locaux, a progressé de 22%.

La Banque Triodos a un ensemble d’activités équilibré, qui tire également profit de la réussite de l’activité d’investissement d’impact logée dans Triodos Investment Management, dont les actifs sous gestion ont progressé de 19% en 2015.

Une institution résiliente centrée sur l’impact

Combiner l’Impact avec le Risque et le Rendement reflète l’approche basée sur les valeurs de la Banque Triodos. Elle existe au profit des personnes, de l’environnement et de la culture et elle intègre dans ses activités l’impact non financier et la performance financière. La performance financière n’en est pas moins importante pour la Banque Triodos parce qu’être une institution financière résiliente est primordial pour induire un changement durable sur le long terme.

Nos parties prenantes le comprennent, comme le montre l’analyse de matérialité ci-dessous. La volonté d’avoir une banque résiliente se reflète également dans les objectifs stratégiques énoncés ci-après. Ces objectifs décrivent la manière dont nous générons un impact positif ainsi que nos projets futurs. Ils reflètent également les opinions de nos parties prenantes et de la Banque Triodos elle-même.

Pour maintenir notre position d’institution financière robuste, nous avons conservé une position de capital solide (ratio CET1 de 19%) et géré la croissance des crédits, dépôts et investissement durant l’année. Suite à ces efforts collectifs, l’ensemble des actifs sous gestion de la Banque Triodos s’est établi à 12,3 milliards d’euros à la fin de l’année.

Préserver un équilibre sain entre les crédits et l’abondant afflux de dépôts, tout en continuant de diversifier notre portefeuille de crédits, n’est pas chose aisée. Les crédits hypothécaires durables poursuivent leur progression et contribuent à cet effort. Ceux-ci incitent les propriétaires de maisons à vivre dans des biens plus écologiques. Ce segment d’activité s’est développé de 52% au cours de l’année et a contribué à obtenir un ratio de 62% entre les crédits durables et les dépôts.

Nous devons également répondre à un nombre sans cesse croissant d’obligations réglementaires. En d’autres termes, nous avons continué à déployer beaucoup d’efforts et à consacrer d’importantes ressources en la matière durant l’année, et avons pu compter sur des équipes de gestion des risques renforcées et des structures de gouvernance interne plus robustes. Au final, la réglementation ne doit pas être un obstacle à notre capacité à dialoguer avec les clients. La réglementation ne doit pas saper le dialogue avec les clients quand, par exemple, elle devient un échange de protocoles. Nous nous sommes efforcés d’avoir un dialogue constructif avec les instances de réglementation et le grand public en 2015 pour veiller à ce que la réglementation soit proportionnelle tant pour les petites banques que pour les banques de taille moyenne, et à ce qu’elle soit efficace.